La société Stamen Design a créé une carte de Facebook interactive qui permet d’identifier les liens informels et personnels entre les nations. Le principe est simple : parmi tous les membres de Facebook indiquant qu’ils sont français, quels sont leurs contacts à l’étranger ? Quelques statistiques plus tard et voilà qu’on est capable de visualiser le poids des relations. Par exemple, si on sélectionne la France, on s’aperçoit que les 5 principaux pays avec lesquels nous avons le plus de contacts individuels sont dans l’ordre : la Belgique, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et la Suisse.

Si cette carte peut avoir l’air d’un gadget, l’historien de formation que je suis ne peut s’empêcher d’y voir un outil incroyable. Dans cette autre vie, lorsque j’essayais d’analyser et de comprendre les réseaux individuels qui existaient entre la francophonie d’Amérique du Nord et la France, j’aurais eu bien besoin d’un outil comme celui-là.

Certes, dans le cas de la France, on n’est pas surpris de voir que les réseaux individuels internationaux tournent autour de 5 pays voisins, dont trois pays d’où est originaire une partie non négligeable de sa population (Algérie, Maroc, Tunisie). Mais pour d’autres pays, la surprise est là : comment se fait-il que l’Equateur et la République Démocratique du Congo soient aussi liés ? phénomène lié au taux de pénétration de Facebook de ces pays et au hasard des individus qui s’y sont inscrits ?

Ou encore l’Irlande… si la Grande-Bretagne et l’Australie sont logiquement liées à l’Irlande, on pourrait s’attendre à ce que les Etats-Unis se démarquent plus. Et pourquoi ces liens plus développés avec la Pologne, la Lithuanie et l’Espagne ?

Il y a un vrai travail sociologique et migratoire à faire à partir de cette carte…

Mais il y a aussi des erreurs. Ainsi, on est capable de coloriser la carte par langue. Le bleu pour le français, le marron pour l’allemand, le rouge pour l’anglais, etc. Malheureusement cette option a des limites… surtout dans les états bilingues. Par exemple, le Canada est rouge et est classé comme un état parlant anglais. Or, le Canada est bilingue… les francophones du Québec et des autres provinces apprécieront.

Autre erreur, et non pas des moindres, la langue nationale de Belgique serait le néerlandais. Dans le contexte actuel, cette classification est lourde de conséquence. Elle s’inscrit d’ailleurs dans la droite ligne de nombreuses erreurs voulues ou malencontreuses modifiant la frontière entre Flandre et Wallonie, faisant de Bruxelles une ville flamande ou semblant nier jusqu’à l’existence de la Wallonie et des francophones de Belgique.

Ces approximations sont vraiment dommages et nuises à la qualité de ce “gadget”.