nasashutdownDans la culture occidentale, le silence est brutal, difficile à accepter. Se taire c’est céder, se taire c’est se soumettre. Alors dans notre monde hyperconnecté, extrêmement générateur de bruit virtuel, le noir, le silence, le shutdown est encore plus inquiétant. Ceux des générations X et antérieures se souviennent sûrement de la fin de La Cinq, de la première fois qu’une chaîne de TV, média le plus populaire du moment, se taisait, fermait ses ondes et rendait sa place au silence…

Finalement, la Cinq n’était qu’une chaîne de divertissement. Mais si le Shutdown concernait des services essentiels : le gouvernement, le service public, l’éducation nationale ? De quoi faire rêver les plus néo-libéraux des néo-libéraux ?

C’est ce que vivent les Américains en ce moment-même avec la traditionnelle crise du vote du budget provisoire permettant aux institutions et au service public de fonctionner.

Pas d’accord politique signifie plus de service… le silence. Depuis l’étranger, difficile de se rendre compte de ce que signifie la fin du service public. Or, les réseaux sociaux sont là pour nous donner une bonne idée de ce que cela signifie concrètement. Il n’y a plus depuis ce 1er octobre minuit, Heure de l’Est, un seul réseau social instutionnel lié au gouvernement fédéral qui fonctionne et qui communique sur le web. Or, le web est devenu un vrai outil de service public aux Etats-Unis. Les différentes administrations communiquent, informent, échangent avec leurs usagers via Twitter ou d’autres outils.

Le silence se fait donc dans l’enseignement puisque le US Department of Education n’intervient plus sur Twitter.

US Dept of Education  usedgov  sur Twitter

 

Le compte Twitter du US Government se tait aussi. Il n’y a plus d’abonnés à l’alias mentionné…

USA.gov  USAgov  sur Twitter

 

Même la NASA, dont la mission est de découvrir l’espace, de nous faire découvrir l’univers est dans le noir…

Etrange impression que laisse ce message laconique qui rappelle quand même que le service public reviendra “as soon as possible”. Tout n’est pas perdu…

Tout le fédéral fait silence ? Presque… l’armée, le FBI, services essentiels à la sécurité de l’état, continuent de communiquer. Seul le compte Twitter de la Homeland Security indique qu’il limitera ses tweets : This account will not be actively managed during the lapse in federal funding.

Homeland Security  DHSgov  sur Twitter

La Maison Blanche, quant à elle, se doit de communiquer un minimum et d’occuper l’espace. Elle a une bataille politique et communicationnelle à mener. Dès lors, même si elle a limité son flot de tweets – un tweet à 9h00 (minuit heure de l’ouest ?) ce 1er octobre 2013 + un tweet sponsorisé -, elle reste en ligne. Elle ne dit pas qu’elle ne va pas tweeter. Elle ne dit pas qu’elle limite ses tweets pendant la crise. Elle annonce fièrement : Vous n’avez pas à payer une rançon pour pouvoir faire votre travail.

L’état est paralysé mais la tête elle, elle tourne toujours !

The White House  WhiteHouse  sur Twitter